Une amende pour grand excès de vitesse, une condamnation pour violence légère sans incapacité prolongée, un tag sur un monument : toutes ces infractions relèvent de la contravention de 5e classe. La question qui suit la sanction porte souvent sur le casier judiciaire, et plus précisément sur le bulletin n°2, celui que consultent les employeurs publics et certaines administrations. Savoir ce qui s’inscrit, sur quel bulletin, et pour combien de temps permet de mesurer les conséquences réelles d’une telle condamnation.
Composition pénale et contravention de 5e classe : une inscription au B1 sans audience
Les concurrents détaillent longuement la structure des trois bulletins, mais passent sous silence un mécanisme fréquent : la composition pénale. Pour un dépassement de plus de 50 km/h de la vitesse autorisée (contravention de 5e classe), le procureur peut proposer une composition pénale plutôt qu’une audience devant le tribunal de police.
A découvrir également : Comment récupérer des points grâce à Mes points Permis ANTS ?
L’homologation de cette composition par un juge entraîne une inscription au bulletin n°1 du casier judiciaire, même en l’absence de procès classique. Beaucoup de conducteurs sanctionnés par ce biais ignorent que leur casier porte désormais une mention.
Cette procédure accélérée ne change rien à la trace laissée sur le B1. En revanche, elle ne modifie pas non plus la règle applicable au B2 : la composition pénale pour une contravention de 5e classe n’y figure généralement pas.
A lire aussi : Document à présenter en attendant la carte grise : lequel choisir

Bulletin n°1, n°2 et n°3 : où apparaît une contravention de 5e classe
Le tableau ci-dessous synthétise la visibilité d’une contravention de 5e classe selon le bulletin du casier judiciaire concerné.
| Bulletin | Contenu relatif aux contraventions de 5e classe | Qui peut le consulter |
|---|---|---|
| B1 | Toutes les condamnations pour contravention de 5e classe y figurent systématiquement | Autorités judiciaires uniquement |
| B2 | Les contraventions de 5e classe n’y apparaissent pas, sauf peine de prison ou décision spécifique du tribunal | Administrations, employeurs publics, certains ordres professionnels |
| B3 | Jamais de contravention de 5e classe | La personne concernée elle-même |
Le point central est le suivant : une contravention de 5e classe classique ne figure pas au bulletin n°2. Amende simple, suspension courte du permis, stage de sensibilisation – ces peines restent cantonnées au B1, inaccessible aux employeurs.
À l’inverse, si le tribunal prononce une peine d’emprisonnement (même avec sursis) pour une contravention de 5e classe commise en récidive, la condamnation peut basculer vers le B2. Ce cas reste rare, mais il existe.
Exemples concrets de contraventions de 5e classe et leurs traces au casier
Pour comprendre ce que recouvre cette catégorie d’infraction, voici des exemples fréquemment jugés par les tribunaux de police :
- Grand excès de vitesse (dépassement de plus de 50 km/h) : amende pouvant atteindre 1 500 euros, suspension du permis, inscription au B1, pas au B2 sauf circonstance exceptionnelle
- Violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours : même logique d’inscription au seul B1
- Recours à la prostitution : contravention de 5e classe mentionnée comme exemple par le service public, inscrite au B1
- Dégradation légère de bien d’autrui (tags, graffitis sur mobilier urbain) : amende et éventuelle obligation de remise en état, trace au B1
Dans chacun de ces cas, la sanction maximale encourue est une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en récidive. Le montant effectivement prononcé dépend des circonstances et du parcours judiciaire de la personne.
Récidive et basculement vers le B2
La récidive dans l’année change la donne. Lorsqu’une contravention de 5e classe est commise en récidive, le tribunal peut prononcer une peine d’emprisonnement. C’est cette peine, et non la nature de l’infraction, qui peut entraîner l’inscription au bulletin n°2.
Un premier grand excès de vitesse ne menace donc pas le B2. Un second, dans les douze mois, ouvre cette possibilité.
Effacement du casier judiciaire après une contravention de 5e classe
L’inscription au bulletin n°1 n’est pas définitive. Le mécanisme principal est la réhabilitation automatique, qui intervient après un délai fixé par le code de procédure pénale. Ce délai court à compter de l’exécution de la peine (paiement de l’amende, fin de la suspension du permis).
Pour une contravention de 5e classe sanctionnée par une simple amende, le délai de réhabilitation est de trois ans. Une fois ce délai écoulé sans nouvelle condamnation, la mention disparaît du B1.
Une demande de relèvement de la mention au B2 est aussi envisageable si, par exception, la condamnation y figure. Cette démarche passe par une requête auprès du tribunal qui a prononcé la peine.
Conséquences professionnelles réelles
Puisque le B2 reste vierge dans la grande majorité des cas de contravention de 5e classe, les conséquences professionnelles sont limitées. Un candidat à un emploi public, un postulant à un agrément ou une personne sollicitant une habilitation de sécurité ne verra pas cette condamnation apparaître lors de la vérification administrative.
Le B3, que chacun peut demander pour soi-même, ne mentionne jamais les contraventions de 5e classe. Un employeur privé qui exige un extrait de casier judiciaire recevra donc un document vierge.

La frontière entre contravention de 5e classe et délit se joue parfois sur des détails factuels : quelques jours d’incapacité de travail en plus, une circonstance aggravante, une récidive dans le délai légal. C’est cette requalification, plus que la contravention elle-même, qui fait basculer une inscription vers le bulletin n°2. Tant que l’infraction reste qualifiée de contravention de 5e classe sans récidive, le B2 et le B3 restent vierges.

